Je ne savais pas trop où poster ça, c'est un colloque organisé par ma fac qui a eu lieu aujourd'hui. Je suis pas très content de la fac, qui, comme d'hab', est particulièrement bordélique: on a été informé ce matin seulement alors qu'elle avait déjà commencée.

Bref, j'ai pu assister qu'à deux débats, de 10 à 13h. Mais c'était assez intéressant avec un public d'universitaires (des profs de sciences politiques et de droit) plutôt âgé. Ce qui était important surtout, c'était de voir comment les gens "sérieux", ou en tout cas considérés comme tels par la quasi totalité des citoyens et des politiques, appréhendent aujourd'hui l'e-democratie.
J'ai été assez surpris car, même s'ils ne maîtrisent pas vraiment les questions techniques (et encore, je dirais plutôt qu'il y avait plus une distance qu'une incompréhension), leurs analyses me semblaient tout à fait pertinente du point de vue de l'Internet comme institution politique.
Ni cet excès d’honneur, ni cette indignité, par C. Bidegaray
Il analyse Internet sous trois angles :
1) L’information. Il souligne la passivité de la majorité des internautes, qui préfèrent lire des blogs que de participer aux forums souvent trop houleux. Or sur ces blogs, c’est l’idée du « two steps flow », en clair du rapport vertical, qui domine : l’auteur du blog trie les informations qu’il partage, les commentaires influencent au final peu l’auteur qui sélectionne surtout ceux qui lui plaisent.
2) La mobilisation. Il note que les discussions locales entrainent bien plus de décision suivie d’actes que les grandes discussions théoriques : c’est effectivement un facteur de réunion, mais qui n’est au final que d’une faible portée.
3) La participation. Les réseaux sociaux, y compris politiques, sont dans une vision intimiste du rapport entre les individus qui permet de mettre à égalité politiques et citoyens. Cependant, ces derniers ne tiennent au final que peu compte des participations citoyennes qu’ils encadrent. Ainsi, les sites politiques ne sont que des vitrines, et non pas de véritables ateliers. En clair, c’est la remise en place des pratiques traditionnelles du militantisme.
La révolution numérique est-elle une révolution démocratique ?, par J. Arlettaz
Son idée directrice est qu’Internet sort du cadre de la démocratie représentative dans l’objectif d’être une démocratie directe, mais n’est au final qu’un grand journal avec ses courriers des lecteurs. C’est pourquoi les rédactions normatives sont trop rares : soit il y a une hiérarchisation des internautes, et on retourne à la politique traditionnelle, soit il y a une cacophonie qui ne permet pas d’aboutir à des règles.
Or cette régulation à priori nécessaire est un défi technique qui risque de tomber aux mains de certains États à défaut d’établir un consensus mondial qui instituerait des cadres transnationaux. Cette gouvernance d’Internet doit reposer, du point de vue des internautes et qui s’oppose aux visées particulières des entreprises (le rôle crucial du marché a d’ailleurs été évoqué) ou des États, sur ces trois grands principes constituants :
- Liberté (interopérabilité) ;
- Neutralité (libre & égale diffusion des contenus) ;
- Gratuité *qui correspond plus au partage en général je pense* (la diffusion illimitée par le prix zéro).
Les interventions des autres personnes sont aussi à de bonne facture mais je ne retiendrai là qu’une seule qui m’a semblait vraiment éclairée : est-ce qu’on s’achemine vers l’abandon du commun pour le particulier, le nomadisme égalitaire en quelque sorte plus que la fraternité, ou n’est-ce qu’une redéfinition de la démocratie par l’élargissement des citoyens ?
Je rajouterai qu’on a parlé du PP, en bien je trouve : à la base un regroupement virtuel de citoyens de leur propre initiative, se transforme petit à petit en force de terrain capable de se présenter à une élection *qui n’a pas eu lieu en Lorraine d’ailleurs*.
peer@, qui a pu assister aux débats de l'après-midi, complètera ce petit rapport.
Ciao


