Quelques idées en désordre :
Patriotisme sans Matriotisme n'est que moitié d'idée…
À l'heure de la parité homme-femme faire du père (patres) le seul moteur d'appartenance idéologique à une famille, un clan ou un groupe promet de graves mécomptes.
Nationalisme sans internationalisme n'est que repli, fixité, atonie.
Le nationalisme est une invention du 19ème siècle. Il n'a aucun fondement scientifique (linguistique, génétique, cultuel…) pas plus que n'en a l'ethnie des explorateurs de la même époque.
Le nationalisme est un ethnicisme à l'usage des occidentaux blancs qui auraient mal compris et toléré qu'on parla platement de l'ethnie française ou espagnole comme de "vulgaires" bantous.
Le nationalisme est l"assignation administrative de l'individu à un concept abstrait, forgé pour l'occasion, à un moment de l'histoire où une classe sociale a besoin de disposer d'une autre. La servitude volontaire et l'appât du gain fait le reste.
Avant 1914, les hommes circulaient dans toute l'Europe et au delà sans papiers d'identité comme le raconte Erich Mann (fils de Thomas) dans son roman "Le Tournant".
Le problème alors était de se procurer les moyens financiers de se déplacer. Le chemin de fer a plus fait pour le nationalisme que toute les spéculations intellectuelles lesquelles n'ont fait que fournir un nom à cette assignation au sol et au sang car avec le chemin de fer alors commencé des exodes massifs pour raison économique, déjà, depuis la Belgique, l'Espagne, la Pologne, que la classe possédante ne souhaitait voir proliférer, comme aujourd'hui, la liberté d'internet inquiète les bourgeoisies d'affaires satisfaites de prospérer sur l'exploitation de droits d'auteur dont nous sommes bien placés pour savoir qu'ils s'apparentent plus désormais à un "droit de timbre" qu'à autre chose.
Le pirate ne doit-il pas se souvenir qu'il aspire à voguer sur l'élément liquide, les flots, hier, les flux aujourd'hui ?
À chevaucher le dragon disaient poétiquement Jim Morrison et ses amis de la "beat generation".
Le pirate défend la neutralité du net qui est l'expresion concrète de ce que le philosophe nomme hétérotopie, fiction d'un non-lieu toujours ouvert, toujours accueillant, en un mot libre
or l'utopie, que constitue la croyance en la possibilité de l'hétérotopie - comme Libertalia parexemple - ne consiste-t-elle pas, justement, à conserver à l'hétérotopie son pourvoir de résolution par rapport à toute homotopie,
c'est à dire au nationalisme, comme espace mental mythifié de la nation, qui en est l'expression doctrinale en politique ?
Voir à ce sujet Michel Foucault sur l"hétéronomie, etc.
Que dire en enfin de l'identité sinon qu'elle oscille entre le "semblable" et le "même" pour parer à l'altérité. L'altérité acte la différence vraie, profonde, irréductible. C'est bien l'Autre - ce porteur d'altérité - qui en me regardant, en me dévisageant, pour me permettre de garder la face vis-vis de moi-même, comme l'explique Emmanuel Lévinas - fait que cet autre dissemblable, étranger en tout du regardeur, que je suis par rapport à lui, reste le garant du fait que je puisse définir mon identité, c'est-à-dire ma façon de conserver de ce que je suis dans l'espace et durant le temps de ma vie - que l'être humain appelle son existence par rapport à son étance :a u plus près du nœud ontologique de l'altérité.
L'identité n'est-elle pas en ce cela une valeur personnelle, et seulement cela, une morale intime de la conservation dont le contenu doit-être distingué de l'alterité dont elle dépend au travers du jeu social
et dont la Fraternité pacifie la dimension politique pour fonder la volonté de vivre ensemble : lui et moi, différents et semblables uniquement à travers le respect de nos différence.
La fraternité n'est pas l'amitié, ni l"amour. Je suis fraternel y compris avec celle ou celui que je n'aime ni d'amour, ni d'amitié parce qu'alors je choisis d'exercer, à ce moment précis, ma capacité à être un individu social, reconnaissant de ce que l'autre, en me regardant, me constitue tout entier comme un égal, unique et complet, de la société que je forme avec lui.
Pensons-y avant d'accoler l'identité, qui structure notre souci personnel de nous-même, avec l'idée de nation qui ne parvient pas à être celui de tous.


