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Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : lun. 02 avr. 2012, 20:31
par Lunastyx
Drenskin a écrit :Et pour finir, une solution alternative quand aux 500 signatures pour les candidats aux présidentielles serait bien.


C'est De Gaule qui a introduit l'élection du président au suffrage direct avec la V° république, ce pour accroître les pouvoirs du président et en faire une figure bien plus importante et ce, aux dépends des chambres AN et Sénat. À ce titre ne serait-il pas judicieux de revoir ça (suffrage indirect, certes ça semble moins démocratique, mais si on réduit son pouvoir et son prestige (voir son égo) ça prend son sens) , et donc finalement de concevoir une nouvelle (voir repartir d'une déjà existante, je pense à http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_l'an_I que l'on m'a vanté plusieurs fois) pour re-répartir correctement les pouvoirs et avoir une bonne base, la constitution de la V° république ayant été conçu dans un dessein bien précis par De Gaule et ses acolytes même pas désignés démocratiquement.

On pourrait aussi proposer de passer une loi pour ne désigner le président (et les candidats) que par ses initiales histoires d'écarter une partie du narcissisme.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : lun. 02 avr. 2012, 21:26
par Dante
polechomage a écrit :
Democratia a écrit :L'influence des médias sera énorme (son influence est d'ailleurs dérisoire, aujourd'hui)


Pas que des médias, la propagande en général, c'est pour ça que je pense que si l'on veut plus de démocratie, il faut en même temps une éducation du peuple aux techniques de propagande. Ce que Chomsky appel des cours d'autodéfense intellectuelle en clair.


Je dirais plutôt une éducation tout court, et la même pour tous. Pas un truc qui prépare les enfants à être de bons salariés.

Faut pas trop croire Gustave Le Bon et sa psychologie des foules, le "peuple" n'est pas si aisément manipulable. C'est encore l'influence des groupes primaires (famille, amis, collègues) qui forment l'opinion des citoyens. Pour parler plus précisément des campagnes électorales, de nombreuses études ont conclu à la relative inefficacité des médias dans les campagnes électorales et de la propagande des candidats (on appelle ça Théorie des effets limités de la campagne électorale in The People's choice, How the voter makes up his mind in a presidential election, Lazarsfeld, Berelson, Gaudet, 1944 (re)confirmé récemment par l'étude Mediapolis, dirigée par Thierry Vedel, du CEVIPOF, 2010).
A la rigueur, les médias font l'agenda politique ou du moins le coproduisent avec le champ politique

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : lun. 02 avr. 2012, 23:26
par jotak
Le scrutin à la proportionnelle avait été très critiqué dans les années 80 car il a participé à l'émergence du front national, mais c'est pourtant l'expression démocratique. La démocratie n'est pas parfaite, elle montre régulièrement ses faiblesses : démagogie, populisme, les campagnes électorales ressemblent souvent à une foire aux promesses qui ne seront jamais tenues... Mais d'un autre côté, difficile d'imaginer une autre forme de gouvernement qui soit à la fois juste et efficace. En tout cas personnellement, je ne vois pas. La stochocratie, ça pouvait fonctionner dans la Grèce antique, ça pourrait pourquoi pas fonctionner à un niveau local (municipalités?), mais dans un pays de 60 millions d'habitants franchement, j'ai dû mal à l'imaginer. Quelqu'un qui n'a pas la légitimité de l'élection se fera incendier aux premières erreurs. Au moins avec le suffrage universel on a, comme on dit, "les élus qu'on mérite" puisqu'on (les Français) les a élus.

Pour revenir au sujet, la proportionnelle : évidemment c'est dans la logique du PP de défendre ce principe, non seulement parce que c'est plus juste, mais aussi parce qu'il y gagnerait comme tous les petits partis. Au risque de voir 25% de l'assemblée à l'extrême droite : ce serait le jeu démocratique.
Parmi les autres "injustices" envers les petits partis, il y a aussi la règle des 500 signatures pour les présidentielles, c'est une barrière quasi infranchissable. Une mesure défendable serait d'abaisser cette barrière à 100 ou 200 signatures peut-être? Ou la faire sauter purement et simplement.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : mar. 03 avr. 2012, 07:14
par OSB
Je suis aussi favorable à la proportionnelle qui me parait plus avantageuse pour le PP qu'un système comme le tirage au sort.
Imaginons que le PP fasse 2% (peu importe le chiffre c'est un exemple)
Avec la proportionnelle intégrale il obtiendrait malgré ce score petit mais honorable, une dizaine de députés capables de défendre ses positions à l'AN
Avec un tirage au sort, les probabilités pour qu'un membre actif du PP soit désigné sont quasi nulles 200 membres/ 45 millions de citoyens majeurs désignables. tout au plus pourrait-on compter sur une dizaine de personnes parmi les 900 000 tirés au sort qui auraient voté pirate... des personnes sensibles aux thèmes pirates, mais sans doute pas aussi impliqués que les militants.

Je crois que la corruption serait aussi beaucoup plus à craindre avec des politiques non professionnels. Imaginez un ministre de la Santé tiré au sort qui sait que dans quelques mois il va partir et n'aura très vraisemblablement plus jamais l'occasion d'exercer de responsabilités publiques... Quelle ne risque pas d'être sa tentation de se laisser séduire par les avantages proposés par un labo pharmaceutique pour appuyer telle décision ! D'autant plus qu'en cas de refus le labo n'aura qu'à attendre qu'un ministre plus facile à influencer soit désigné par le sort.

Je ne suis pas sûr non plus qu'il faille plaquer une conception trop rationaliste sur l'idée que se font les uns et les autres d'un tirage au sort. Beaucoup de personnes croient à des forces occultes comme la chance, le destin, l'onction divine... s'ils avaient une vision purement probabiliste d'un tirage au sort, ils ne joueraient jamais à des loteries. Ils sont même capables de s'attribuer le mérite d'une situation liée au hasard de leur naissance comme on le voit dans les milieux très favorisés et dans le discours justificateur des inégalités sociales tenu par certains dans ces milieux. Ca peut créer des tensions ou des comportements particuliers qu'on ne peut même pas clairement mesurer a priori.

Bien sûr ces arguments tombent si les tirés au sort n'ont aucun pouvoir de décision politique véritable, mais dans ce cas la question de leur mode de désignation n'est plus un enjeu. Si ce ne sont plus que de simples greffiers qui actent les lois débattues et décidées par une Assemblée, ça fonctionne déjà plus ou moins comme ça : les fonctionnaires ministériels sont recrutés sur concours et sur la base du volontariat... personne ne conteste leurs compétences administratives.

La question c'est où sont prises les vraies décisions politiques ? Sont-elles prises par des citoyens tirés au sort, par des représentants élus groupés en partis politiques ou par tout le monde ?

Pourquoi pas par tout le monde, mais il faut penser que les idées de la majorité ne seront pas forcément les plus progressistes, que dans certains domaines la société peut avoir tendance à être assez conservatrice, être influencée par les médias et voter des mesures complètement liberticides...

Ce qui compte à mon sens n'est pas tant de savoir qui prend les décisions, mais que ces décisions soient éclairées. Le rôle de l'éducation, la place des intellectuels dans la société, la liberté d'expression, la richesse du débat à laquelle chacun doit pouvoir participer et la formation en sciences sociales de ceux qui sont amenés à prendre les décisions.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : mar. 03 avr. 2012, 10:05
par Gautier
Concernant les présidentielles je serai pour une pétition citoyenne : qu'un candidat ait besoin d'au moins 100 000 électeurs ( c'est à dire citoyens inscrits sur les listes électorales) pour pouvoir se présenter.
Si il n'y a pas au moins ce nombre de citoyens sensibles à ses idées, il n'a pas sa place dans une telle élection. Avec les avancées de la technologie cela n'a rien de compliqué, surtout au vu du temps accordé pour rassembler les parrainages. Et cela ôte ce pouvoir aux élus, qui n'ont absolument pas à décider qui a le droit de leur contester leurs places.

Un gouvernement tiré au sort c'est différent d'un Parlement tiré au sort, ce sont deux sujets distincts. Il est évident qu'un exécutif devrait être constitué de gens compétents, ce qui n'est pas du tout le cas à l'heure actuelle, je vous rappelle que dans notre pays un homme peut passer du ministère de l'Intérieur à celui des Finances, ou de la Défense aux Affaires Étrangères... pour ma part je serai favorable à une élection séparée pour chaque grand ministère ( Santé, Économie, Défense, Diplomatie, Intérieur, Éducation...) avec mandat impératif et possibilité de révoquer un élu pour non respect des promesses annoncées.

Ceci étant dit, je pense qu'un ministre désigné serait moins susceptible à la corruption au contraire : étant donné que la rotation serait plus forte et qu'il ne serait pas issu du même milieu social et des mêmes écoles que les corrupteurs potentiels, le risque pour eux de tomber sur un homme intègre serait nettement plus élevé.

Le tirage au sort serait le moyen le plus démocratique de constituer l'Assemblée Nationale, et je doute sincèrement qu'elle serait moins compétente qu'elle ne l'est aujourd'hui. Le principal talent de nos politiciens professionnels c'est d'être élus, pas de diriger un pays. Ce sont des spécialistes du réseau, du mensonge et de l'opportunisme. De surcroit, beaucoup d'entre eux sont là purement et simplement pour le pouvoir, c'est l'un des principaux défauts de notre système politique : être élu est une récompense qui donne plus de pouvoir, plus d'argent, une quasi immunité juridique de fait, une influence profonde même après avoir perdu ce poste...etc.
Le pouvoir est une récompense au lieu d'être une charge.
On pourrait tout à fait envisager que les députés désignés disposent de un ou deux ans de formation en surplus de leur mandat, par exemple. L’École des Hautes Études est là pour ça !

Tout cela c'est au long terme, procédons par étapes et voyons ce qui fonctionnera.
A court terme, à l'échelle de la prochaine décennie électorale, l'instauration de la proportionnelle serait une avancée considérable.
Je pense que si un parti est incapable de convaincre 50% des électeurs, il n'a pas à diriger un pays. Gouverner c'est supposé être l'art du consensus dans l'intérêt commun. Actuellement c'est l'art de présenter un front uni tout en négociant dans les alcôves du Palais Bourbon, nos hommes politiques sont incapables de s'entendre entre eux sans faire passer leurs intérêts personnels d'abord.
On peut rétorquer que la proportionnelle absolue signifie donner un énorme pouvoir aux partis centristes, les Radicaux ont dominé l'essentiel de la Troisième République grâce à un tel système. Mais dans notre système actuel, deux partis se partagent le pouvoir en ne recueillant en réalité les suffrages au premier tour que d'un dixième de la population ! Une solution pourrait être de répartir les voix en donnant un quart des députés au parti réunissant le plus de suffrages, et de répartir le reste à la proportionnelle.

Concernant l'instabilité gouvernementale, les Allemands (et les Israéliens aussi je crois) possèdent une protection très efficace : un gouvernement ne peut pas être renversé si une coalition majoritaire ne s'est pas constituée pour le remplacer.
La critique disant que la proportionnelle permettrait à des extrémistes d'arriver au pouvoir me semble nulle et non avenue : si un électeur sur cinq se sent représenté par le Front National ce parti doit avoir des députés quoi qu'on pense de lui, cela me semble une pure application de la démocratie. On a les représentants qu'on mérite...

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : mar. 03 avr. 2012, 12:15
par polechomage
Je suis d'accord avec Gautier. De plus la proportionnelle sera plus simple à défendre que le tirage au sort car ce sera plus facilement compris par tous, il ne s'agit pas de faire fuire des électeurs qui n'auront pas eu le temps d'entendre tous les arguments et il y a d'autres priorités je pense dans le programme du PP qui font plus facilement consensus au sein même du parti. Le tirage au sort pourrait être rediscuté plus tard (ce qui me laissera le temps de perfectionner mes arguments :P )

Olivier Soares Barbosa a écrit :Je suis aussi favorable à la proportionnelle qui me parait plus avantageuse pour le PP qu'un système comme le tirage au sort.


Cet argument par contre ne me semble pas pertinent, en fait les partis politiques auraient un rôle à jouer dans une assemblée tirée au sort. D'après moi, de la même façon qu'on paye au députés un assistant (en gros) on peut donner une indemnité réservée à un assistant pour les tirés au sort. Un militant dans un parti pourra s'en servir pour prendre comme assistant un éventuel membre talentueux dudit parti par exemple. Les partis pourront approcher les différents candidats pour leur porter une assistance, les tirés au sort pourront choisir d'en profiter ou non selon leurs préférences politiques. Tous les tirés au sorts moins politisés pourront bénéficier de l'avis de chaque parti (entre autres) sur des sujets donnés et ensuite faire leur choix selon ce qu'ils ont compris, le rôle du PP serait donc de soutenir ses adhérents tirés au sorts, ses sympathisants, et convaincre les autres sur des sujets donnés. Et il ne faut pas réfléchir je pense en se focalisant sur le nombre de membre actuel du PP, je suis peut-être optimiste, mais je pense que ça a vocation à augmenter grandement.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : jeu. 05 avr. 2012, 00:25
par Crevek
polechomage a écrit :Edit : à défaut de tirage au sort si le PP défend le référendum d'initiative populaire au moins si les partisans du tirage au sort arrivent à convaincre les gens ça restera potentiellement réalisable ^^


Une loi dite de Référendum d'initiative populaire a été voté en 2007 (ou 2008), mais elle attend son décret d'application. Tout comme le statut pénal du président (bizarre, bizarre...).

Personnellement, je suis pour le maintient de l'élection du président au suffrage universel direct. Je serai même pour un renforcement de son pouvoir au sein de l'exécutif (droit de véto sur les décisions du gouvernement), cependant je limiterai encore plus les liens entre l'exécutif et le législatif. C'est à dire limiter les domaines dans lesquels le gouvernement peut proposer des lois (exemple : domaine de la gestion financière de l'État (les dépenses budgétaires de fonctionnement), mise en application des lois), les domaines où il peut donner son avis (soutenir ou non un projet de loi, notamment dans la politique de défense, ou de l'intérieur), et les domaines où il ne peut ni proposer ni donner son avis.

Bref rendre à ce pouvoir ses prérogatives initiales, c'est à dire faire appliquer les lois votées et faire tourner l'État, pas en proposer voir les imposés. Je ne pense pas qu'un affaiblissement de ce pouvoir à travers un système complet de désignation indirecte permettra une stabilité dans l'exécutif.

Pour la désignation au hasard, je ne crois pas que cela limitera la corruption. Selon moi, la corruption va au contraire augmentée (les gens qui ne sont pas passionnés par la politique vendront souvent leurs votes lors de sujet qu'ils estimeront secondaire), mais par contre les prises illégales d'intérêt risquent fortement de diminuer (tout le monde n'a pas un carnet d'adresse bien rempli pour faire ce genre de magouille). Je ne suis pas sur qu'au final nous soyons gagnant.

Je rejoins celui qui attaque l'élection sous le soucis qu'il faille permettre plus d'accessibilité. Pourquoi pas avoir un droit dérogatoire en cas d'élection ? Comme un congé sans solde avec impossibilité de se faire licencié ?
Je pense aussi de revoir le système d'éducation civique ne serait pas plus mal. Il y a si peu d'heure pour enseigner notre république que nombre de français se désintéresse d'elle faute d'avoir appris ce qu'elle est réellement.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : jeu. 05 avr. 2012, 01:36
par Gautier
Crevek a écrit :Personnellement, je suis pour le maintient de l'élection du président au suffrage universel direct. Je serai même pour un renforcement de son pouvoir au sein de l'exécutif (droit de véto sur les décisions du gouvernement), cependant je limiterai encore plus les liens entre l'exécutif et le législatif. C'est à dire limiter les domaines dans lesquels le gouvernement peut proposer des lois (exemple : domaine de la gestion financière de l'État (les dépenses budgétaires de fonctionnement), mise en application des lois), les domaines où il peut donner son avis (soutenir ou non un projet de loi, notamment dans la politique de défense, ou de l'intérieur), et les domaines où il ne peut ni proposer ni donner son avis.


Étant donné que le gouvernement est issu de la même majorité que celle qui domine l'Assemblée, comment comptes-tu l'empêcher de faire passer les lois qu'il veut ? Qu'il donne ou non un avis officiel, il passe les lois qu'il veut.

Crevek a écrit :Pour la désignation au hasard, je ne crois pas que cela limitera la corruption. Selon moi, la corruption va au contraire augmentée (les gens qui ne sont pas passionnés par la politique vendront souvent leurs votes lors de sujet qu'ils estimeront secondaire), mais par contre les prises illégales d'intérêt risquent fortement de diminuer (tout le monde n'a pas un carnet d'adresse bien rempli pour faire ce genre de magouille). Je ne suis pas sur qu'au final nous soyons gagnant.


Une corruption aussi directe serait bien plus facilement repérée que les réseaux complexes de services échangés et de lobbys faisant avancer leurs privilèges sur plusieurs projets de lois différentes, sans qu'on ne comprenne le but avant que tout ne soit passé et qu'il soit alors trop tard.
Et tu crois que nos politiciens professionnels si passionnés de politique ne bradent pas leurs votes sur les sujets qu'ils jugent secondaires ou qu'on leur ordonne de ne pas fouiller ? Des lois majeures ont été votées par deux douzaines de députés... je pense qu'un homme qui passe toute sa vie à manipuler la Loi et la détourner à son profit est bien plus dangereux que le néophyte qui n'a pas été élevé toute sa vie dans le but de dominer les autres et dans l'idée qu'il vaut mieux que ses concitoyens.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : jeu. 05 avr. 2012, 08:19
par Crevek
Gautier a écrit :Étant donné que le gouvernement est issu de la même majorité que celle qui domine l'Assemblée, comment comptes-tu l'empêcher de faire passer les lois qu'il veut ? Qu'il donne ou non un avis officiel, il passe les lois qu'il veut.


Dans le fond ce n'est pas faux, mais dans la forme l'hyper présidence ne devrait pas avoir lieu. Je pense que ce n'est pas tout à fait la même chose qu'un parti fasse passer ses idées, versus un hyper président qui limite menace en cas d'un vote contraire à ce que le gouvernement veut.

Il est possible aussi de couper se cordon entre l'assemblé et l'exécutif.

Une corruption aussi directe serait bien plus facilement repérée que les réseaux complexes de services échangés et de lobbys faisant avancer leurs privilèges sur plusieurs projets de lois différentes, sans qu'on ne comprenne le but avant que tout ne soit passé et qu'il soit alors trop tard.


Si le circuit est facilement montable, il peut l'être pour un lambda. Surtout qu'elle peut prendre diverse forme. Et à moins d'avoir un droit de regard pousser dans la vie privée d'un représentant, tu le verras surement trop tard aussi (prix avantageux pour une maison, vente d'action peu chère, etc...).

Et tu crois que nos politiciens professionnels si passionnés de politique ne bradent pas leurs votes sur les sujets qu'ils jugent secondaires ou qu'on leur ordonne de ne pas fouiller ? Des lois majeures ont été votées par deux douzaines de députés...


Faudrait peut être voir pour imposer un quorum de présence pour passer une lois.
Quant aux consignes de vote, cela se voit déjà dans les jury d'assise. Nombre de témoignage indique que les jurées se rangent souvent de l'avis des juges (qu'ils estiment qualifiés). Certains juges proposent des analysent objectives, d'autre "imposent" des votes. Il en sera de même pour les regroupements de tendances chez les députés néophytes qui seront surement conseillés par des "experts".

je pense qu'un homme qui passe toute sa vie à manipuler la Loi et la détourner à son profit est bien plus dangereux que le néophyte qui n'a pas été élevé toute sa vie dans le but de dominer les autres et dans l'idée qu'il vaut mieux que ses concitoyens.


Tout à fait, c'est pour cela que pour moi faut ouvrir la capacité de se faire élire. La proportionnel devrait permettre l'arrivé de petit parti qui sont bien moins professionnels.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : ven. 13 avr. 2012, 11:01
par Maelgar
Gautier a écrit :Concernant les présidentielles je serai pour une pétition citoyenne : qu'un candidat ait besoin d'au moins 100 000 électeurs ( c'est à dire citoyens inscrits sur les listes électorales) pour pouvoir se présenter.
Si il n'y a pas au moins ce nombre de citoyens sensibles à ses idées, il n'a pas sa place dans une telle élection. Avec les avancées de la technologie cela n'a rien de compliqué, surtout au vu du temps accordé pour rassembler les parrainages. Et cela ôte ce pouvoir aux élus, qui n'ont absolument pas à décider qui a le droit de leur contester leurs places.


En quoi le président conteste la place des élus locaux ?


//EDIT MODO// je n'aime pas le orange

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : ven. 13 avr. 2012, 15:27
par Gautier
C'est une vision un peu plus large que juste la présidentielle : de manière générale ce n'est pas aux corps élus de définir qui peut leur contester leurs places, d'une manière ou d'une autre.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : ven. 13 avr. 2012, 23:14
par Maelgar
Euuuuuuh.... Certes mais du coup tu mélanges les torchons et les serviettes, et ton argument tombe à l'eau. Quel rapport entre la sélection par les maires (contestable par ailleurs) et le fait que les élus ne doivent pas choisir qui va - ou pas - leur succéder ?

On remarquera aussi qu'au sein d'un même parti, on a souvent un "dauphin" qui va prétendre à la succession d'un "vieux", mais l'aléa du vote ne garantit pas du tout cette transmission de pouvoir.

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : sam. 14 avr. 2012, 12:12
par Gautier
Pour avoir connu quelques attachés parlementaires, les membres de l'UMPS savent plusieurs années à l'avance qui sera élu, tout simplement parce qu'il y a un gros paquet de circonscriptions qui ont été découpées pour être des fiefs.
Il y a environ la moitié des sièges de l'AS qui sont totalement verrouillés et ne changent pour ainsi dire jamais de main. Et ils ont mis en place un tas d'autres postes qui permettent de se caser en attendant la prochaine élection, y a pas à s'inquiéter pour eux ;)

Pour les torchons et les serviettes, tu as raison j'ai dévié, ça m'arrive souvent sur les sujets à chaud et c'est mal !

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : sam. 14 avr. 2012, 17:35
par pers
Gautier a écrit :les membres de l'UMPS savent


Attention aux raccourcis hâtifs tout de même : je suis tout à fait d'accord pour dire (mais dans ce cas disons-le clairement) que l'UMP et le PS ont des positions idéologiques (et des modes de fonctionnement) qui ont tendance à converger de façon inquiétante, mais c'est le cas de toutes les machines politiques abandonnées aux mains d'arrivistes/opportunistes/pourris et dans ce cas il n'y a aucune raison de s'arrêter à ces deux partis (et de ne pas inclure, par exemple, les charlots du «Centre» ou les saltimbanques EELV).

Au contraire, en se focalisant sur le bipartisme et en le rejetant dos-à-dos, on glisse très facilement vers une rhétorique populiste d'extrême-droite (le "blanc bonnet" de Poujade) ; l'acronyme UMPS est d'ailleurs très utilisé au Front National.

(Sur ce, je vous laisse revenir au topic.)

[EDIT: j'avais oublié les guillemets à «Centre».]

Re: Législative : scrutin à la proportionnelle

Publié : dim. 15 avr. 2012, 15:30
par fabien
Le pays doit aussi être gouvernable.

Si on part sur la base de l'élection présidentielle de 2007, ça donne ça :
• 107 députés Modem
• 23 députés NPA
• 7 députés José bové (anticapitaliste)
• 11 députés Communistes
• 7 députés Lutte ouvrière
• 60 députés Front national
• 6 députés Chasse pèche nature et tradition
• 149 députés PS
• 180 députés UMP
• 9 députés Verts
• 9 députés du MPF

Déjà, c'est un bordel innommable à l'assemblée et les 60 députés FN étant totalement rejetés par les autres de peur qu'une connivence soit rendue publique sont un boulet global pour l'assemblée. Mais le problème est ailleurs.

Aujourd'hui, quand on veut faire passer une loi, le camp majoritaire se concerte, propose sa loi et la vote lui-même.

Dans un cadre proportionnel, ce n'est pas possible. Au maximum, un camp a 30% des députés. Par exemple, si l'UMP veut faire passer une loi, il va devoir convaincre les députés Modem plus une partie des non alignés. Et c'est là que ça se corse.

Que se passe-t-il si l'UMP a un projet de loi qui lui tient particulièrement à cœur, mais qu'il a absolument besoin du vote de 6 députés de chasse pèche nature et tradition ? Et bien il y a une tractation. Typiquement changer la date de l'ouverture de la chasse alors que tout le monde est contre sauf le groupuscule cpnt. Mais il faudra que ça soit en balance avec la perte du vote des verts sur un autre dossier. La plupart des lois seraient donc votée en fonction du rapport de force nécessaire pour le vote des gros dossiers et plus du tout en fonction d'une quelconque expression du pouvoir démocratique.

La proportionnelle a déjà été testée dans de nombreux pays. Ce qui en ressort, c'est que les groupuscules sont régulièrement en position d'échanger leur vote sur des points important qui auraient du faire consensus contre une loi dont personne ne veut sauf eux. Ce qui pose un problème majeur de cohérence. Quelle que soit l'orientation d'un projet, il doit être global. Si des incohérences apparaissent au cours du projet, les effets de certaines mesure vont s'annuler et le programme global tombera à l'eau.

C'est un peu comme si Bayrou passait à la présidentielle. Il n'aurait jamais une majorité modem à l'assemblée et devrait faire voter les lois de gauche avec le PS et les lois de droite avec l'UMP. Sauf qu'en fonction de l'importance qu'il accorde aux lois de gauche ou aux lois de droite, il va être obligé de céder à un camp où à l'autre sur certain domaines sous peine d'une obstruction parlementaire systématique.



______________

Je suis pour la proportionnelle sur le principe. Mais il faudrait réinventer notre système parlementaire. Le système actuel étant tout à fait incompatible avec l'absence d'un groupe disposant d'une majorité. L'obstruction parlementaire rendant le pays tout à fait ingouvernable.

Tellement ingouvernable d'ailleurs que lorsque qu'un président de la république se retrouve avec un assemblée qui n'est pas de sa couleur politique, il est mécaniquement obligé de nommer un premier ministre (qui nommera un gouvernement) de la couleur de la majorité à l'assemblée nationale. Ça s'appelle la cohabitation.