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Education - école et parents pirates

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OSB
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Education - école et parents pirates

Messagepar OSB » mar. 10 avr. 2012, 16:05

Bonjour à tous,

Je pars de 2 hypothèses.

1°) Le Parti Pirate possède une base électorale jeune sensible à la thématique de l'éducation, soit parce que les pirates sont encore dans le système éducatif familial ou scolaire, soit parce qu'ils y ont été et en gardent un souvenir peut-être difficile, soit parce que jeunes parents ou en passe de le devenir, ils s'interrogent sur l'éducation qu'ils pourraient donner à leurs enfants.

2°) Le retour de l'autorité dans l'éducation qui est le discours dominant depuis une vingtaine d'années relayé par les médias et par une certaine tendance rétrograde des psys est un échec complet. Les savoirs ne sont pas mieux maîtrisés, les attitudes inciviques n'ont pas diminué, les professeurs ne sont pas davantage respectés. Or ce retour de l'autorité décriant le prétendu laxisme de mai 68 continue à faire consensus aussi bien dans certains milieux de gauche conservateurs que dans la droite bourgeoise attachée par tradition à la défense des "repères" et "valeurs"... Il y a peut-être là une alternative à défendre pour le PP



Depuis un siècle, de nombreuses expériences pédagogiques ont été tentées avec beaucoup de succès. Pourquoi ces méthodes ne sont-elles pas généralisées ? Je pense par exemple aux méthodes de Célestin Freinet, à l'expérience del'Ecole Vitruve ou de l'école de Summerhill.



Il y a deux grands axes peut-être pour une réflexion sur l'éducation : L'éducation dans les familles (quelle éducation promouvoir en général ?) , et l'éducation à l'école (quelle politique d'éducation nationale ?) Merci d'avance à tous ceux qui voudront exprimer leurs idées...

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pers
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar pers » mar. 10 avr. 2012, 17:51

Le "problème" des méthodes de pédagogie différenciée, c'est qu'elles ont un coût : impossible lorsque les élèves sont 30 par classe et que l'on supprime des postes d'enseignants chaque année.

J'irai même jusqu'à suggérer que le rôle premier de l'Enseignement Public n'est pas d'instruire (à supposer qu'il l'ait été un jour) : c'est de parquer les enfants en masse pendant les heures ouvrables afin de les habituer à la résignation collective et aux normes sociales/idéologiques qui feront d'eux des travailleurs malléables à l'avenir. À ce compte-là, qu'ils soient vingt ou soixante par classe et que les enseignants soient formés ou non, peu importe. (Pas plus que n'importent, oserai-je dire, les pétitions de principes et les grands mots dont s'enveloppent les têtes pensantes "pédagogues" du ministère.)
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Democratia
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Democratia » mar. 10 avr. 2012, 18:18

Joli troll, pers
J'irai même jusqu'à suggérer que le rôle premier de l'Enseignement Public n'est pas d'instruire (à supposer qu'il l'ait été un jour) : c'est de parquer les enfants en masse pendant les heures ouvrables afin de les habituer à la résignation collective et aux normes sociales/idéologiques qui feront d'eux des travailleurs malléables à l'avenir. À ce compte-là, qu'ils soient vingt ou soixante par classe et que les enseignants soient formés ou non, peu importe. (Pas plus que n'importent, oserai-je dire, les pétitions de principes et les grands mots dont s'enveloppent les têtes pensantes "pédagogues" du ministère.)


Je ne suis pas convaincu que l'idée original de edit Jules Ferry était de parquer les jeunes a un endroit précis. mais plutôt à l'endoctriner pour la guerre qui s'approchait.

Je suis un fervent défenseur de l'école publique et gratuite, qui devrait être un lieu où l'on partage une culture commune et où l'on est censé s'"accomplir". C'est du moins ma vision de l'instruction.
Aujourd'hui, on impose à des enfants passifs une culture élitiste. Et ça, ce n'est pas l'école de la république

Personnellement, je serais d'avis pour une profonde refonte du secondaire afin d'ouvrir les jeunes aux activités dites manuelles (pour qu'il s'accomplise) et à une forte diminution des savoirs scientifiques.

Merci pour tes liens, fort intéressant mais inapliquable (à premiere vue) ç une éducation de masse.
Dernière édition par Democratia le mar. 10 avr. 2012, 18:42, édité 1 fois.
Les grandes oeuvres se distinguent par leur accessibilité, car elles n'appartiennent pas au patrimoine de quelques élus, mais à celui de tous les hommes doués de bon sens.

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pers
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar pers » mar. 10 avr. 2012, 18:27

Luc Ferry ?

Sinon, défendre le principe d'une école publique et gratuite, oui, tant qu'on veut. C'est le principe de l'enseignement de masse que je remets en cause.

Dénoncer une culture "élitiste", ça conduit droit au nivellement par le bas et aux discours arguant que La Princesse de Clèves ne sert à rien au peuple, donc c'est une rhétorique dans laquelle je ne m'engagerai pas. Je pense au contraire qu'il est nécessaire d'enseigner à chacun quelques notions du patrimoine culturel classique (voire contemporain) occidental (voire non-occidental, mais il faut avoir le temps pour cela), car c'est aussi cela qui forme des citoyens libres et doués d'un esprit critique.
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Crevek » mar. 10 avr. 2012, 23:19

Democratia a écrit :Je suis un fervent défenseur de l'école publique et gratuite, qui devrait être un lieu où l'on partage une culture commune et où l'on est censé s'"accomplir". C'est du moins ma vision de l'instruction.
Aujourd'hui, on impose à des enfants passifs une culture élitiste. Et ça, ce n'est pas l'école de la république


Certes la culture "élitiste" est une perte de temps quant à la "rentabilité" du temps d'éducation, cependant elle est nécessaire pour avoir un esprit critique. Il est vrai que la dérive permettant de manipuler et structurer les jeunes esprits et grande, mais cela est nécessaire pour avoir de vrai citoyen.

Personnellement, je serais d'avis pour une profonde refonte du secondaire afin d'ouvrir les jeunes aux activités dites manuelles (pour qu'il s'accomplise) et à une forte diminution des savoirs scientifiques.


J'aimerai bien savoir d'où tu sors que les activités manuelles sont nécessaire à l'accomplissement de soi. Je veux bien t'accorder que l'on fait trop de scientifique et que l'on ne laisse que peu de place aux personnes manuelles, mais faudrait éviter de tomber dans le travers inverse. L'école doit permettre à tous de se réaliser, pas à une seule catégorie.

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OSB
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar OSB » mer. 11 avr. 2012, 00:39

inapplicable à première vue à une éducation de masse... bon mais pourquoi exactement ? Pour les raisons évoquées par Pers ? ou bien pour d'autres raisons, et dans ce cas lesquelles ?

En ce qui concerne ces raisons budgétaires et de surcharge des classes, je crois que les jeunes ont beaucoup trop d'heures de cours, et que si on divisait par 2 cette présence horaire des élèves en cours, on pourrait alléger d'autant le nombre d'élèves par classe sans être obligé d'augmenter le nombre d'enseignants.

Damien_Lyon
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Damien_Lyon » ven. 13 avr. 2012, 14:01

Concernant l'Education Nationale, des idées qui pourraient fonctionner dans le système actuel :

- envoyer les nouveaux profs dans des collèges et lycées classiques et mettre les profs d'expérience dans les ZEP (Zone d'Education Prioritaire). Ca va raler au début mais la compétence et l'expérience sont un plus inestimables dans l'environnement ZEP.

- recruter des dirigeants de lycée et collège compétents. Proviseur, proviseur adjoint ou principal, c'est un vrai poste. Cela pourrait même être un recrutement externe, histoire d'amener les gens de l'extérieur dans le monde de l'enseignement sans être obligé d'être passé par une carrière dans l'Education Nationale et d'avoir à ces postes des gens qui n'ont aucune compétence administrative, comptable ou manageriale. Ca éviterait aussi d'avoir des anciens profs qui en ont marre d'enseigner donc s'orientent vers ce type de poste au bout d'un moment.

- accepter les classes de niveaux. Il faut accepter que les élèves ne sont pas tous égaux le premier jour de la rentrée. Les parents devront enfin accepter qu'ils n'ont pas engendrés le futur Einstein. Ces classes de niveaux permettront de faire progresser les bons élèves et de sauver les plus mauvais.

- la Carte Scolaire : la restaurer ? l'abroger ? Aucune idée par contre.

- Quant aux programmes scolaires, ils sont trop élitistes pour certains et inadaptés pour d'autres. Entre les élèves de 6èmes qui ont du mal à lire et les élèves de terminale faisant 25 fautes d'orthographe dans une copie, on peut se poser des questions sur l'acquisition des bases. Lire & écrire le français, faire des maths, parler une langue étrangère, avoir des notions d'histoire-géo et de sciences : est-ce trop demander à un élève de Terminale ?

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Mistral
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Mistral » sam. 14 avr. 2012, 01:14

Sur cette question, j'ai quelques avis qui puisent pas mal dans mes expériences personnelles et je pars d'un constat fait mainte fois : on peut avoir un diplôme et être inemployable et ne pas en avoir et avoir aucun mal à trouver un job correspondant à nos souhaits.

Pour illustrer, nous recrutons dans la boite où je bosse et on fait passer des tests au cours de l'entretient. Il en ressort que nombre de diplômés ne savent pas effectuer des actions basiques dans un contexte appliqué. Et c'est pas faute de leur proposer de la documentation et des conseils au cours du test. Non, définitivement 90% des candidats sont recalés de fait car ils ne bouclent pas le premier test.

Il pourrait y avoir plusieurs explications à ça. Tout d'abord le stress de l'entretient, le contexte appliqué où le candidat n'applique pas un script pré établi mais doit faire preuve d'autonomie, la curiosité, etc. Et bien sur la connaissance pure mais ils ont nécessairement abordé les notions requises au cours de leur étude donc c'est pas entendable que ce soit juste un problème de programme.


Du coup, j'estime que ce qui tendra à améliorer tous ces thèmes (en plus du socle de base) ne pourra qu'améliorer le résultat de l'éducation et donc amener au final des gens plus autonomes et ayant plus de facilitées à évoluer dans la vie (je ne parle pas seulement d'un travail).


Pour ça il existe beaucoup d'experts proposant des solutions différents (comme évoquées dans le post initiales) et je ne prendrai pas le risque de les paraphraser. Je considère seulement que le but ultime de l'Educ Nationale est de créer des gens innovants et autonomes. Innovants parce que le monde actuel évolue très très vite (rien de comparable n'a jamais été aussi rapide dans l'histoire) et que nous avons besoins pour l'éco/nomie-logie de nouveaux concepts. Autonomes car nous nous voulons une démocratie et seule la diversités des opinions pourra nous sauver d'un attentiste suicidaire (dans tous les domaines).

Pour rebondir sur les proposition concrète de Damien :

- Oui à plus de formations pour les membres des équipes éducatives et éventuellement privilégier certaines zone (ZEP) dans l'attribution des affectations des professeurs expérimentés.
- Non aux classes de niveaux et à l’abrogation de la carte scolaire. Je ne sais pas s'il y a des enfants idiots et d'autres qui sont des lumières mais la vie de tous les jours en tous cas amène chacun à travailler ensemble. D'autant qu'il n'existe aucune mesure absolue du niveau intellectuel (on ne peut que comparer les uns aux autres sur des critères arbitraires). Outre l'aspect rétrograde de ces propositions, ça fait un peu revenir à une vision totalitaire de la société où les jeunes citoyens doivent atteindre un niveau uniforme.

- Sur le programme scolaire, je doute très fortement que de le rendre plus élitiste améliore les choses puisque à la base le problème est généralisé. Que ce soit les journalistes, les politiques, les professeurs ou même - puisque ça nous occupe - internet, l'usage de la langue est incorrect et le recours à des outils pour les connaissances en histoires ou en math rendent la connaissance "par coeur" presque superflus (en apparence). Et pourtant c'est déplorable car on perd beaucoup de richesses culturelle et notamment de bons mots qui ne font plus sourire personnes parce que sur le coup l'auditoire n'a pas les références culturelles pour le comprendre (et en venir à même plus pouvoir rigoler, c'est dramatique !). Ci on veut améliorer le niveau culturel, je pense que c'est pas au niveau de l'école que ca soit se jouer mais au niveau de la culture et des médias (du coup je propose de ne pas l'évoquer ici).



Ps: j'ai honte car mon orthographe n'est pas exempte de tout reproche et ... ;)
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raukoras
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar raukoras » sam. 14 avr. 2012, 09:48

Je considère seulement que le but ultime de l'Educ Nationale est de créer des gens innovants et autonomes.

Pas mieux.

Actuellement, ce système fabrique des gens qui savent apprendre, mais qui ne savent pas transformer la connaissance en application.
Bref, des gens inutiles.

Pour enfoncer le clou, à partir de la seconde 38 jusqu'à 60.

Non aux classes de niveaux

Perso, je suis favorable aux classes de niveaux.
D'une part, les gens ne sont pas égaux en intelligence/capacité cognitive/gout du savoir, donc des classes "mixtes" (en niveau scolaire, s'entend) engendre de gros soucis :
- les "bons" se font chier et perdent leur temps en cours,
- les "nuls" sont largués, et il faut mettre en place toute une panoplie d'aides pour arriver à les trainer en cours jusqu'au bac,
- les "moyens" s'en tirent à peu près bien, vu que le système est taillé pour eux.

Quand j'étais au collège, le principal avait eu la présence d'esprit de constituer des classes de niveaux, mais maquillées ( il y avait un ou deux nuls dans les bonnes classes ).
Les classes de "bons" ont eu des super-résultats au brevet, et la plupart de ceux dans des classes de "mauvais" ont réussi à avoir le brevet. Bref, tout le monde y a gagné ( sauf les nuls dans les classes de bons ).

Mais le problème n'est pas uniquement relié au niveau des élèves. Certains élèves n'aiment pas le travail intellectuel, et préfèrent le travail manuel, donc les forcer à rester en cours jusqu'à 16 ans est une perte de temps.

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Sims
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Sims » sam. 14 avr. 2012, 10:41

Repenser les programmes scolaires est à mon avis une des choses à voir en premier.

Les programmes manquent de consistance (attention, je n’ai pas dit de densité) dans le sens où les notions sont souvent abordées de manière soit superficielle, soit de manière trop fondamentale. (je me rappelle avoir passé l'année entière de 5ème sur les œuvres de Conan Doyle, on parlais plus de la qualité d'énonciation que de littérature en général, pas idéal pour avoir une vision globale)
C'est en faisant un peu de diversification dans les enseignements qu'on intéresse et qu'on fournis une base à la culture générale.
Un élève qui n'a jamais entendu parler en cours d'une certaine forme de littérature (même brièvement) n'en entendras surement pas parler dans son entourage (amis et familles). Ce raisonnement est valable pour d'autres domaines comme l'histoire-Géographie (des notions basiques de géopolitique sont inculquées beaucoup trop tard, à partir de la 3ème, il suffirais de pas grand chose). En mathématiques on utilise des concepts remaniés pour les rendre plus accessibles, alors quand les élèves retombent dessus plus tard sous un autre nom ou une autre présentation, ils perdent du temps à repartir de zéro (exemple des équations du premier degré (x+a = b , trouvez x pour exemple) qui sont pourtant de niveau primaire, du principe de transitivité (a=b, b=c, donc a=c) qui permet de raisonner de manière ordonnée ou encore les bases de la théorie des ensembles( l'ensemble A contient tels éléments, l'ensemble B contient tels éléments, existe-t-il un ensemble non vide qui comprend des éléments de A et des éléments de B) qui se transpose aisément dans la vie de tous les jours. Au-lieue de ça, c'est un mois passé sur la résolution de fractions, sans voir ne serais-ce de loin les implications qui en découlent.

Je me suis retrouvé en difficulté dans certains cas dans mes études supérieures car je ne m'étais pas rendu compte de la possibilité d'employer des méthodes mathématiques du lycée. Les enseignants de mathématique sont nombreux à refuser catégoriquement de fournir des exemples concrets le plus souvent pour "préserver l'intégrité du généralissime des mathématiques".
Combien d'élèves ont lâché la rampe car ils trouvaient les enseignements trop dénués d'intérêts pour y fournir un vrai travail?
Les innovations sont presque toujours le fait d'explorateurs individuels ou de petits groupes, et presque jamais celui de bureaucraties importantes et hautement structurées
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Schlum » sam. 14 avr. 2012, 10:56

Un gros +1 pour Sims :D

Avec la base des maths, on peut faire de la musique (dingue !)
En cours de bio/chimie on peut très bien faire pousser un petit jardin pour mieux comprendre les interactions
En art plastiques et en physique faire de l'architecture
Etc.

Ca me paraît pas très compliqué de redonner du sens à toute l'information qu'on doit absorber à l'école

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Mistral
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Mistral » sam. 14 avr. 2012, 11:40

En vous lisant sur le sujet des classes de niveau et du programme, je continue à penser que c'est une mauvaise idée de parler "des nuls" et "des bons" (par rapport à quoi ?). De la même manière d'expliquer les équations comme le fait Sims, ça ne sera pas limpide pour tout le monde. Si les professeurs appliquent certaines méthodes c'est (j'ose le penser) parce qu'ils pensent que ce sont les meilleures.

Du coup, nous en venons (notamment) aux méthodes d'apprentissages. Il y a grossomodo les visuels, les auditifs et les kinesthésiques. C'est quelque chose qui est systématique (ou presque) dans la formation professionnelle mais que nous utilisons jamais dans l'EN. Je sais que moi j'ai besoin de pratiquer pour comprendre et qu'ensuite la mémorisation se fait naturellement. Pourtant en cours de math (première/terminale S), nous passions toutes nos heures de cours à rédiger les cours théoriques sans jamais mettre en pratique en cours. Personnellement ça me désespérait parce que du coup il n'y avait qu'en dehors des cours où je pouvais faire les exos et tenter du coup de mémoriser le tout mais l'effort était beaucoup plus grand que j'avais perdu 5 ou 6 heure dans la semaine à gratter du papier. Et ce n'est pas une généralité car au contraire j'ai des amis qui reprenait leur cours, le recopiait une deuxième fois chez eux par exemple et c'était leur manière de mémoriser.

J'ajouterais aussi que c'est valable pour tout les domaines. Quant aux "cancres", ceux qu'on voudrait reléguer dans des classes "différentes", tout est question de contexte. Proposer de faire un reportage vidéo sur l'histoire ou de jouer une pièce, ou lire des livres, etc il y a plein de manière pour arriver au même résultat et le temps à y passer n'est pas forcement plus long. Dire qu'un enfant est dans une classe de cancre tout ça parce qu'il ne trouve aucun intérêt aux heures de présence qu'il fait dans certains cours, c'est un peu cours comme conclusion.


Cela dit, on en viendrait alors à des classes non plus de niveau mais par type d'apprentissage. Ce qui se rapproche alors des méthodes Frenet, les lycées autogérés etc.
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Leguman
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Leguman » lun. 16 avr. 2012, 18:30

Bonjour à tous.
Je tenais à ce que mon premier post concerne l'éducation, car, voyez-vous, je suis professeur des écoles. De l'intérieur de la machine, donc, je pourrais certainement apporter quelques éclaircissements sur un certain nombre de points. Concernant les méthodes pédagogiques "alternatives" par exemple, je ne connais guère que la méthode Freinet. Excellente, certes, mais particulièrement onéreuse: elle demande un grand nombre "d'encadrant" par enfant.
Mais à vrai dire, ce n'est pas la discutions de chacun des points que vous avez abordés qui me semble prioritaire. Sans vouloir vous fâcher, je pense que vous passez à côté du débat qui, pour le coup, entre de plein pied dans la réflexion pirate. Je commence:

Ou plutôt je recommence. Le fil de conversation commençait avec bonheur sur le fait que chacun dans ce pays a une relation personnelle avec l'école. Ancien élève aux souvenirs divers, futur parent d'élève aux angoisses et attentes démesurées, une caractéristique de mon job est que tout le monde pense pouvoir donner des conseils aux professionnels qui s'en chargent. Longtemps cela m'a irrité. Et puis je constate maintenant qu'il s'agit en fait d'un sujet éminemment politique, dans le sens où même s'il contient des aspects techniques, que les experts peuvent prétendre maîtriser mieux, il est fondamentalement l'expression de ce que la société veut pour elle-même. En d'autres termes, dans quel monde veut-on vivre. A ce titre, il devient parfaitement souhaitable que chacun pense et s'exprime sur le sujet. Cela devient non plus un dossier technique parmi tant d'autres mais un vrai défi démocratique. Mettons nous d'accord sur l'école que l'on veut avoir. Car finalement, qu'est-ce qui nous rassemble le plus, quelle est l'unique expérience que tous nous avons eu en commun? La fréquentation de l'école. C'est là que se constitue concrètement notre appartenance à la nation française, que l'on soit français ou non, d'ailleurs. Peut être l'esprit pirate voudrait-il bien mieux mettre en place une vaste concertation, par démocratie liquide, pourquoi pas, plutôt que de vouloir s'approprier des débats maintes fois ressassés. Les arguments que nous lisons (autorité, classe de niveau, enseignement plus techniques...) nous les entendons à chaque élection. En général d'ailleurs sans grande connexion avec les réalités du terrain et presque tous trouveraient leur résolution dans le simple fait d'arriver à un consensus.

Je suis partisan d'une remise à plat des missions et des contours de l'éducation national, et cela ne peut passer, me semble-t-il que par l'élaboration de grands thèmes dans lesquels chaque citoyen pourrait se positionner. Que le parti ne se positionne pas pour ou contre tel ou tel aspect, mais en faveur de l'organisation d'un vaste débat à but décisionnel sur l'école. En bref nous nous battrons pour que la France ait effectivement l'école qu'elle veut avoir.

J'imagine maintenant quels chantier seraient à travailler: les rythmes scolaires, les programmes, le déploiement des moyens, finalité de chacune des étapes de l'éducation (on ne prépare pas un élève de CE1 à trouver un job!!), contour instruction/éducation, les responsabilités territoriales (actuellement, l'état est en charge de l'éducation, mais les villes se chargent des locaux et des centres de loisirs pour les écoles, les conseil généraux pour les collèges...)... il y en aurait certainement d'autres. A travailler, à débattre justement.

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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Mistral » lun. 16 avr. 2012, 18:46

Hum, proposer des débats participatifs, ca me fait penser à quelqu'un ;).

Pour ma part, ma vision est très axé sur le travail car c'est la manière de financer le système éducatif. De plus comme tu le dis, chacun a un vécu qui guide un peu son opinion. Dire qu'il n'y a pas que ca qui importe à l'école c'est tout à fait vrai et force est de constater que mon propos est incomplet et mérite une vision plus globale. Ma curiosité me pousse à vouloir entendre des réflexions concrètes pour élargir cette vision.


Pour revenir sur l'ouverture d'un débat, il est difficile d'aller contre car la démocratie appartient à tous par définition. Cependant, les principaux concernés par ces mesures ne voteront pas et il faut parfois commencer par suggérer soit mêmes des orientations afin de guider une construction cohérente et structurée. Si tu pouvais partager ta vision des choses basé sur ton expérience, cela pourrait enrichir notre connaissance.
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Re: Education - école et parents pirates

Messagepar Leguman » mar. 17 avr. 2012, 18:02

En somme, tu me demandes mon avis sur la question. J'en suis flatté. Voici en gros comment je vois les choses.

Concernant les modalité d'enseignement (classe de niveau, type de pédagogies, plus ou moins concrètes...) mon expérience ainsi que celle de nombreux de mes collègues est la suivante: à part dans les cas de choix vraiment farfelus, la grande majorité des élèves profite de n'importe laquelle de ces modalités. Il y aura toujours un écart plus ou moins grand entre les situations d'apprentissage idéales pour chacun des enfants et ce qu'il suit à l'école. Dans la grande majorité des cas, disais-je, les enfants s'adaptent, trouvent leur repères en tant qu'élève et progresse. L'écart entre ce qui leur correspond et ce qu'ils reçoivent peut, s'il est vraiment trop important, générer non seulement l'échec, mais en plus la souffrance scolaire, ce qui est à peine supportable pour moi, et je pèse mes mots. Mais ne croyez pas, comme j'ai pu l'entendre, comme on peut le lire sur le forum, qu'une pédagogie « traditionnelle » soit plus difficile à supporter pour la majorité des enfants qu'une pédagogie des projets, par exemple ou que la méthode Frenet. Cela dépendra vraiment du gosse d'une part, et nombreux sont ceux qui se trouvent très rassurés dans les tâches à moitié mécaniques et réputées rébarbatives. Cela dépendra des adultes qui s'y engage d'autre part, tant il est vrai qu'il est terriblement dommageable de devoir appliquer une méthode qui ne nous correspond pas.
Mais que dis-je là? Qu'il n'y a rien à faire? Qu'un certain nombre d'enfants se verra nécessairement et pour toujours refuser le plaisir d'apprendre? Non, vous vous en doutez bien. Ce que je dis là, c'est qu'il faut laisser au contraire de l'opinion de chacun, le maximum de liberté pédagogique aux équipes, et celles-ci, connaissant leur public, ont le devoir d'adapter leur méthode, de la modifier, de la tordre pour que le plus grand nombre s'y reconnaisse. La pédagogie ne peut se penser qu'à l'échelle locale. Les difficultés rencontrées dans les maternelles de Seine St Denis ou les banlieues de Calais ne sont pas les mêmes, pour ne citer que des lieux où le système éducatif relève des défis importants. Dans une même équipe, des façons de faire différentes sont une chance pour que chaque enfant puisse trouver chaussure à son cerveau, si je puis dire.
Encore faut-il, pour cela permettre au sein des établissements une grande souplesse, soit un grand pouvoir de décision à l'échelle de l'équipe (prof-direction) voire du conseil d'école (prof-parents élus). Toute volonté d'innovation est systématiquement bridée par une inspection qui, même si elle est compétente, reste assez éloignée des problèmes de terrain et a pour priorité absolue « surtout pas de vague ». Je crois vraiment qu'un déficit de confiance de la hiérarchie est aujourd'hui grandement responsable de situations absurdes qui empêchent les initiatives heureuses.


Voici à gros traits sur les modalités d'enseignement. A présent, je voudrais aborder la question spécifique de l'échec scolaire qui est une question autre. En effet, si les modalités pédagogiques peuvent, pour certains enfants être la cause d'un décrochage, c'est à mon avis rare, et statistiquement insignifiant en regard de la véritable cause des inégalités scolaires, j'ai nommé (roulement de tambour) le déficit éducatif. Oui, il y a toujours eu des Clotaires (comme dans le petit Nicolas, vous vous souvenez?). Des élèves inintéressés par l'école malgré des parents présents et concernés. Mais la masse des élèves en difficulté à l'école, c'est dans le manque éducatif qu'elle prend sa source.

Bigorneau est un élève de maternelle. Depuis qu'il est né, sa mère, son père et sa cousine qui lui sert de nounou lui parlent, lui font des grouzi areuh. Quand il entre en petite section il sait dire ce qu'il veut, et ce qui lui déplait. Il comprend que les adultes lui montre de nouvelles choses, il sait apprendre. Quand on demande à Bigorneau ce qu'il a fait à l'école, il répond qu'il a joué. Borboleta, elle, vient d'une famille un peu déstructurée. Sa mère est très jeune, elle ne s'entend pas bien avec sa famille. Elle aime sa fille, sans aucun doute et s'en occupe consciencieusement. Mais elle ne lui parle pas. Elle ne lui montre pas le monde. Elle veut que sa fille se sente bien, elle lui offre des bonbons. Borboleta sait à peine parler quand elle arrive à l'école. Les adultes autour d'elle ne s'occupent pas assez d'elle (il y en 28 autres). Elle reste dans son coin un peu effrayée. Si un enfant la bouscule, elle le griffe. Le petit pleure, on la gronde... Quand on lui demande ce qu'elle a fait à l'école, Borboleta ne répond pas.
Vous pensez que je fais du misérabilisme?

Non.

Et bien sûr vous voyez où cela va. Parmi les élèves en difficulté, combien de moins de 11 ans restent éveillées au moins jusqu'à 22h? Combien ont une carence lourde en vocabulaire. C'est là qu'est le défi.

En 1932, M Herriot transforme le ministère de l'Instruction publique en Éducation national. Mais l'éducation reste avant tout du ressort des parents. Et parfois ces parents sont défaillants, maladroits, mal informés... peu importe. Il ne s'agit pas de leur jeter la pierre, pas de trouver des coupables autres que moi-même ou mes collègues. Il s'agit de se saisir de l'imperfection humaine, et que la société tâche d'en amoindrir les conséquences. Le parent n'apporte parfois pas ce dont l'enfant aurait besoin pour s'épanouir, ou du moins suivre à l'école. Redéfinir les contours de l'éducation national, je l'évoquais hier, et voici à quoi je pensais: l'élargir et qu'il soit clairement dit que l'éducation de chaque enfant est pleinement de la responsabilité de l'État, ou au contraire revenir à une simple instruction publique (ai-je besoin de spécifier où mon cœur penche?).

Peut-être une piste serait moins de réformer l'école que de créer des solidarités éducatives plus efficaces. Il y a bien quelques assistants sociaux, mais ceux-ci sont déjà débordés par les cas les plus violents. Et puis, ne nous voilons pas la face, on ne peut guère songer à un recrutement massif d'une nouvelle fonction publique. Je pense que sur cette idée, il faut être créatif, et que la création de lien social, la participation de la « société civile » comme on la nomme, c'est à dire de tout un chacun, pourrait changer les choses. Vraiment.

Demain, j'essayerai de parler de choses plus concrètes, par exemple des outils technologiques à l'école.


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